En lisant les textes des explorateurs passés au Maroc au 19ème siècle et avant, on s'aperçoit qu'il y a un fossé entre les noms de lieux mentionnés alors et ce qui est employé aujourd'hui. Ce fossé est, à mon avis, un des nombreux aspects de l'acculturation rapide qui a frappé les Marocains au cours du 20ème siècle. Le plus triste est qu'il semble s'agir d'un domaine oublié par l'IRCAM et les émissions culturelles. La remise à l'avant plan de la toponymie amazigh fait partie du travail global de remise en valeur de la culture amazighe et marocaine. Voici le premier sujet. Le MONT SIROUA dans l'Anti-Atlas. Naturellement on entend toujours Djebel Siroua dans cette Afrique du Nord où, même dans les textes francophones, les montagnes se transforment en Djebel et les rivières et fleuves en Oueds. Il apparaît qu'anciennement on disait SIRWAN. Ce qui correspond bien à l'arabisation courante des mots amazighs. Je soupçonne donc un nom amazigh du genre ADRAR (n) ISIRWAN. Pour ce qui est de sa signification, il y a, comme souvent, plusieurs pistes : - asarw, isirwan : matrice (du verbe aru : enfanter) mais je vois mal le lien avec une montagne. - iselwan/iserwan : la suie - iserwan : boyaux (trouvé en Kabylie) Peut-être s'agit-il aussi d'un ancien pluriel de ASARU > ASARW, pl. ISIRWAN ?
Le phénomène est également très présent en Kabylie. Je prends l'exemple d'une ville proche de chez moi appelée officiellement "Bordj Mnaiel" de l'arabe borj = fort et mnaeil qui viendrait de "oum nail" = la mère des nail... Sauf que la vraie étymologie, volontairement occultée, serait "Bordj Imnayen" de "imnayen" = les cavaliers ! Ce qui me semble plus logique.
Borj, je ne pense pas que cella soit de l'arabe. On le retrouve dans BOURG. D'ailleurs les Luxembourgeois prononcent Luxemburg : Letzborj Pour Assarwa, je ne connais pas.
Le MONT SIROUA dans l'Anti-Atlas. :: :: LE MONT SEROUA = LE MONT SELWA :::: ( (( le:L: il est remplacer pa :R: ))) ::: LWU : ULWU : YULWA = 1)étendu: : 2) qui a de l'étendue, qui est important : etc.......
Donc ca serait ADRAR N ISELWAN : La montagne de la suie. C'est une montagne volcanique. Peut-être des teintes noires ont-elles donné ce nom. amalay : SIRWAN est attesté dans des anciens textes de géographe.
////////:: ------------------ : les mots : SRWI : :: : existe : tasut nnes igat : RWI : :/ : : ISSUI = ( le contenu de l'estomac d'un ruminant :: : la SUIE = IKUFSAN ou IKULYAN : : LES BOYAUX = ADAN :///////// LES INTESTINS= TIMSTTAY : LES ABATS = ILWAN--------- :----------------------------------------- ILS N IBUDRARN------------------------------- :gma agerzam:: ur nnix :sirwan: ur illa -- k ad nnix d : askkil : R : yuri :askkil : L :: :
J'aimerais maintenant évoquer un lieu présent dans tous les textes des explorateurs du 19ème siècle et qui semble avoir complètement disparu. Il s'agit du principal passage entre la plaine du Souss et celle de Marrakech : Le passage du BIBAWEN (celui des fèves).
Je reviens à SIROUA pour ajouter que chez nous,on dit issiwane pluriel d'"assaoune" cd la montée,la pente et issoura pluriel d'assarou sorte se "séguia" pour conduire l'eau vers un lieu,une parcelle,un bassin ,etc...
J'ai une carte Michelin du Maroc et y fiqurent: Adrar n Dern, Adrar Mqorn (Tafraout), Adrar n Tament (Argana), Adrar n Aklim (Igherm), Adrar n Imchech (Aoulouz Taliouine), Ighil Mgoun (Kelaa Mgouna) Dans le haute atlas, sont encore nommées de issafen (melloul, mellah, mgoun, imini, iriri, ounila, n'ait douchene, tifnout, reraia et des cols on les appelle encore tizi, jusque dans le Rif. Ceci dit, il faut augmenter la dénomination des autres issaffen devenus Oued ainsi que le jbels, puisque le pays idurar = pays amazigh.
assif mellah --> assif marghen (il porte ce nom dans son cours amont avant d'arriver à Ouarzazate) assif ounila --> assif n ouwnilen
LES BOYAUX = ADAN :///////// LES INTESTINS= TIMSTTAY : LES ABATS = ILWAN----------- ---------:------------------------------------------ : ilwan = ilawan
tizi n bibawn se trouve sur le chemin entre ilbnsirn et taroudant. le col et la route existent encore, mais je doute que le nom de bibawn aie survécu. de même que le col de tizi n màachu qui entame la descente vers imi n tanut n'est aujourd'hui plus connu sauf peut etre par la population locale. la route qui existe aujourd'hui entre imi n tanut et agadir passe par argana et aboutit à amskrud. Avant cette route goudronnée, le voyageur une fois arrivé à hauteur de argana chez les ilbnsirn pouvait prendre un chemin direct vers tarudant en passant par tizi n bibawn d'ou commence la descente dans la pleine du souss et l'entrée du territoire huwara synonyme à l'époque de terreur: un rayss du début du siècle dernier se souvenait encore de la terreur des huwaras: lkmgh a gwma huwwara tqlla làmmart zikk uzzman imma ghilad bnadm ujadn
http://www.mountainsmounts.com/mountainsof/439/Morocco/ Voilà une liste d'idourar. Ici et la un adrar, des amalou, ighil, isk, aari. La totalité des noms imazighen précédé par Jbel et une fois Koudia. Des belles noms comme adrar Timenkar, des noms amusant comme Adrar Amjjoud ou pour les irifiyen entre nous Bou Izan (espéront que cela à avoir avec des mouches, mais c'est dans les deux cas ).
CAP SPARTEL Je lis dans un "Villes et Tribus du Maroc" que le nom de ce cap vient de l'amazigh : ICBARTIL (ichbartil). Personnellement j'en connais pas la signification
acbardu est une plante courante dans la région cotiere entre taghazoute et tassort. un lien peut etre ..?
Tiens, IBAWEN qu'on prononce IVAWEN: selon une de mes connaissance, un turc, ce mot est aussi un mot turc: Peut être que les ottoman on apporté cette plante chez nous, qui sait ? D'ailleurs je reprends le mot BORDJ qui a été évoqué plus haut: Ce mot serait également TURC qui signifie caravancérail, l'équivalent de FONDOUK (en arabe ?) et ce mot qui vient d'orient se retrouve dans des villes ou il existe un fort généralement construit par les ottomans.