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Les enjeux de l’officialisation de l’amazigh
L’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) suit de près les débats en cours concernant l’officialisation de la langue amazighe avec ses différentes dimensions. Plus que cela, il lance un débat sur la question.
Ainsi, l’IRCAM, à travers son comité de rédaction d’«Asinag» (revue qui a pour objectif la contribution à la réalisation de la mission dévolue à l’IRCAM et qui consiste notamment en la sauvegarde et la promotion de la langue et de la culture amazighes) s’ouvre sur la communauté des scientifiques et des acteurs intéressés par la question pour relancer le débat sur l’officialisation de l’amazigh.
Dans ce cadre, l’IRACM souligne que «le Maroc s’est engagé dans la voie de la démocratisation en adoptant une nouvelle Constitution qui consacre l’amazighe comme langue officielle aux côtés de l’arabe. Les modalités de la mise en œuvre de ce nouveau statut seront fixées par une loi organique. Ce nouveau contexte politique ouvre ainsi des perspectives inédites devant la langue et la culture amazighes». Il estime donc que de nombreux acteurs sont interpellés, notamment les décideurs, les institutionnels, les intellectuels et les acteurs sociaux. «Les décideurs doivent concevoir une stratégie à même de penser la place et les fonctions de l’amazigh dans le cadre de la nouvelle politique linguistique et culturelle. À leur tour, les institutionnels sont appelés à s’impliquer dans l’opérationnalisation des orientations stratégiques en matière de politiques publiques. De leur côté, les intellectuels sont sollicités pour s’acquitter avec intelligence de leur devoir de clercs. Enfin, les acteurs sociaux sont appelés à exercer leur droit et leur engagement au soutien critique de la marche du pays vers la démocratie.
C’est dire que la constitutionnalisation de l’amazighe enclenche un processus qui conduit à la gestion de défis et d’enjeux considérables», souligne l’IRCAM dans son appel lancé afin de relancer le débat à ce sujet.
Or, l’Institut estime que ce débat doit apporter des réponses à sept problématiques. Il s’agit des orientations générales de la nouvelle politique linguistique et culturelle énoncées à l’article cinq de la Constitution («l’amazigh constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception…»). Il s’agit, des rapports entre l’arabe et l’amazighe, langues officielles, en termes de droit, de fonction et d’usage, les mécanismes juridiques relatifs à la mise en œuvre de la nouvelle politique, les modalités d’intégration de l’amazighe, langue officielle, dans les politiques publiques et les modalités de son implantation dans les institutions.
Il s’agit également du Conseil national des langues et de la culture marocaine, ses attributions, sa composition, son fonctionnement et ses ressources, l’articulation et la synergie entre les institutions dédiées aux langues et aux expressions culturelles du Maroc. Et, en dernier lieu, le devenir de l’IRCAM dans cette nouvelle configuration (les missions, les prérogatives, les acquis, l’investissement en ressources humaines et logistiques). Par ailleurs, il faut le souligner, ces problématiques ne sont pas soulevées uniquement par l’IRCAM. La question est soulevée à chaque fois par les parlementaires. Il y a deux jours, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed El Ouafa, a été interpellé au sujet de la place de la langue amazighe dans le programme de l’enseignement.
Il a ainsi assuré les parlementaires que le gouvernement se penchait actuellement sur l’élaboration d’une loi organique relative à la mise en œuvre de l’officialisation de la langue amazighe, en soulignant que ce chantier faisait partie des priorités de l’exécutif. Il a affirmé que cette loi allait permettre à l’amazighe, qui est un capital commun de l’ensemble des Marocains, d’assumer sa fonction en tant que langue officielle, aux côtés de l’arabe.
Le Matin
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