Economie
Un Normand développe l’huile d’argan du Maroc
Le Rouennais et fils d’anciens expatriés de Casablanca, Benoît Robinne, patron de la société Absim France et de sa filiale Absim Maroc, donne un nouveau souffle commercial à l’huile d’argan, l’huile la plus chère au monde, l’or vert du Royaume. Benoît Robinne a fait carrière dans de grandes entreprises agro-alimentaires internationales (photo LPJ Casabalnca).
L’esprit conquérant normand fait ses preuves au Maroc. Benoît Robinne, jeune quinquagénaire natif de Rouen a repris la société Absim Maroc il y a à peine trois ans pour en faire aujourd’hui une entreprise dynamique qui commercialise l’un des orgueils du Royaume : l’huile d’argan. La société de Benoît Robinne s’inscrit dans une filière qui emploierait plus de 5 000 personnes au Maroc, dont de nombreuses femmes du milieu rural pour lesquelles cette activité favorise la sédentarité des familles dans le bled. Une aubaine économique pour ces courageuses femmes berbères dotées d’un savoir-faire séculaire dans l’art du pilage de la noix de l’afièch, le fruit de l’arganier, d’où est extrait à la main l’amandon, une graine qui sera pressée pour obtenir l’huile d’argan. Ce précieux liquide issue de la graine ultime de l’arganier vendue environ 35 euros le litre, fait les beaux jours de l’image d’un Maroc en plein renouveau derrière son slogan, "entre tradition et modernité". L’huile la plus chère au monde est l’un des fleurons du Royaume. Le pays lui a même offert une fondation, celle du souverain Mohammed VI en faveur de la sauvegarde de l’arganier, arbre endémique classé au patrimoine universel de l’Unesco, que préside André Azoulay, conseiller du Roi, originaire d’Essaouira. C’est la seule région au monde où s’épanouit le végétal protégé.
"La chance de ma vie"
En revenant dans la capitale économique du Maroc, Benoît Robinne, fils d’expatriés français de Casablanca ayant passé son Bac ici à l’école Charles de Foucault, a renoué avec ses jeunes années quand l’heure de la pré-retraite imposée a sonné... "J’ai été viré et cela a été la chance de ma vie, sourit Benoît. Avec mes indemnités de départ, j’ai ainsi pu revenir à Casa en reprenant une entreprise en perdition que j’ai redressée en deux ans". Tout petit, Benoît consommait déjà de l’huile d’argan sur la table familiale marocaine. Il est encore étonné aujourd’hui d’en être l’un de ses meilleurs ambassadeurs, au Maroc mais aussi sur le marché international qui absorbe 60 % de sa production, dont 30 % en France, le reste aux Etats-Unis, Canada, Moyen-Orient et Asie. Absim Maroc propose pas moins de 40 références, ventilées en huile alimentaire ou cosmétique, issue de l’agriculture biologique pour la première, et en passe de l’être pour la seconde. Dans le Royaume, ses huiles alimentaires marquetées "Argana" sont destinées à la grande distribution, celles de marque "Premium" à la restauration. Pour les huiles cosmétiques, les femmes les connaissent sous la marque "Argaderm" vendues sur les linéaires des grandes surfaces ou "Must" destinées à la parapharmacie, parmi une longue ligne de soins naturels. La société mère, Absim France basée à Voisins le Bretonneux, dans les Yvelines, est la tête de pont européenne qui distribue l’huile d’argan totalement produite et conditionnée au Maroc, sur le site de Mad Soualem, entre Casablanca et El Jadida.
Vente en ligne
Le groupe Absim s’est aussi doté d’un site internet marchand qui propose la vente en ligne de toutes ses huiles. Elles bénéficient de plusieurs labels officiels de qualité, qui certifient au Maroc comme en France, leur haute qualité, et leur conformité aux normes d’hygiène internationales les plus sévères. Il faut dire que Benoît Robinne a fait sa carrière de commercial dans de grandes entreprises agro-alimentaires internationales comme Danone, Yoplait, ou bien Eurest France du groupe Compass. Un gage de sérieux pour ses clients et laboratoires soucieux d’acheter une huile d’argan élaborée avec des techniques modernes, associées à une tradition marocaine ancestrale, et toujours naturelle.
Didier BOUVILLE
Source : Le petit Journal
En liaison avec cette article
Même rubrique
- Agadir : Les armateurs chinois font la loi
- La régionalisation pour promouvoir le tourisme
- Une journée d’études à Aït Melloul : Fomation pour l’huile d’argane
- Skoura l’éden au nord-est de Ouarzazate : Des investissements conséquents pour la restauration des vestiges de la région
- Agadir n’a pas que cela à vendre !
- Examen des moyens d’intégrer Sidi Ifni dans la dynamique du développement
- Agadir : L’agonie d’un centre social
- La RAM mise sur la destination Agadir
Argan
- Une littérature autour de l’arganier
- Importantes subventions pour le "Projet Arganier" : pour la sauvegarde d’une grande ressource forestière marocaine
- Des ordures à la place des arganiers
- Souss : l’arganier comme revenu
- l’arganier, un arbre mythique en danger
- Lancement et présentation de projets de régénération de l’arganier à Souss-Massa
- Souss : Un plan de relance pour l’arganier
- L’argan, jouvence pour la région d’Agadir
- Ils ont aimé
- Réactions
- Les Marocains qui vont faire la ligue 1
- Nancy : rien de grave pour Ouaddou
- Football : Anderlecht va t-il vendre Boussoufa ?
- Al Ain : Alloudi parti pour rester
- Canada, la liberté des autres vue d’un œil raciste
- Une « cellule de crise » au Maroc après le coup d’Etat en Mauritanie
- Michaël Chrétien vers Lyon ?
- Chrétien prolonge à Nancy
- Congrès International 2009 : "Développement Agricole et Rural Durable dans le Contexte du Changement Climatique, de la Crise Energétique et de l’Insécurité Alimentaire"
- Le caroubier, un potentiel sous exploité
- CONCASSAGE DE CAROUBIER
- Izenzaren Abdelhadi
- Le Cerkas pour que Ksour et kasbah soient éternels
- L’IRCAM édite son premier CD de chansons
- Musique Rachid Itri & Mina Ray Souss
- +21269528388






