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Poésie

Sources de la vie [Ikken]

vendredi 27 mai 2005

Trois chevaux attachés à un fil de pluie Livrent leur méditation Au silence des cèdres éternels Qui étendent leurs ombres majestueuses En marge de l’écho des sources de la vie Un torrent né de l’ondulation du fleuve Disperse sur l’écume blanche des eaux Des images cueillies des buissons de la mémoire Et des écrits transcrits sur les paupières du ciel Je m’accroche à la mélodie des flots Témoins des chimères du temps Pour couvrir mon émotion Prise en otage par les reflets des saisons Une femme sculptée dans ma pensée Emerge de l’écorce du passé

Elle peint dans mon regard la vallée de mon enfance Qui emprisonne mon cœur dans la nostalgie des souvenirs des espaces millénaires Sur lesquels reposait le chant de ma mère Des cavaliers parés de leur histoire Surgissent de l’ombre des siècles au rythme du bandir A la cadence du mouvement des épaules Et le fléchissement du corps des danseurs L’âme se ravive dans l’espace des grandes légendes Détourne la rotation de la terre Place l’éclipse de la lune au dessus des prairies verdoyantes Gardées par la fierté des monts de l’Atlas Une foule enveloppée de sérénité et de noblesse Enivrée de chorégraphie et de sentiment Traverse la mémoire par fidélité ancestrale Entoure les chanteurs Dont les voix s’étendent à l’infini jusqu’aux premiers murmures du temps

Le bandir Solitaire Fleurit les âmes suspendues aux astres S’harmonise avec les claquements des mains des femmes envoûtantes Qui tracent les gestes et les sons de leurs traditions Dans le sillage des couleurs de leurs robes éclatantes d’amour L’héritage rythmique gardé en secret dans les cimes des montagnes De l’autre versant de l’histoire Se prolonge toute la nuit L’instant se détache de la réalité par ses nuances mélodieuses Reprend les mots clamés par les poètes des montagnes Accompagnés des murmures des arbres enflammés de fraîcheur Ils dénouent les symboles tissés dans le mystère De la blancheur immaculée de leurs capes Pour les offrir à la brise du soir brodée sur les étoiles L’espace en délire couvre de son épaisseur tous les chemins des tribus Assoiffées d’entendre le testament de leurs aïeuls Tatoué dans les frissons des corps en transe Et qui résonne dans chaque goutte des sources de la vie Le cèdre énigmatique A la recherche des premiers lueurs du jour Interroge la nuit réfugiée sous les tentes Dressées dans le cœur des hommes Il cueille les ondes des amours construits dans le rêve Déposé dans chaque feuille d’arbre planté à travers les siècles

Un duo s’interpelle

La femme chante Lorsque ta mélancolie me blesse Mon cœur se désagrége et se mue en une infinité d’émotions Que je ne peux endiguer Je me noie sous cette violence qui m’entraîne dans ton mystère Puis me rejette dans l’océan de ton regard L’homme répond Aux premiers murmures des caresses de tes doigts Je m’accroche à la fluidité du temps Au chant de ta chevelure A l’éclosion de ton soupir Au bruissement des battements de tes cils Mes sens répondent à la résonance des balbutiements de tes lèvres Par une montée de la rosée du désir La femme enchaîne A l’orée des promesses puisées dans la magie des mots Ta sensualité s’agrippe à la tendresse A l’aube Les lumières s’éteignent Le chant se repose sur la verdure des sentiments Veillés par l’espoir du lendemain Et la chaleur des étoiles

Ikken

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