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Culture

Racisme a Studio 2M contre un artiste amazigh

mercredi 21 juin 2006

Studio 2M, le programme de compétition dans le domaine de la chanson, en est à sa troisième édition. La chaîne de Ain Sbaà se targue de beaucoup de changements et améliorations mais une constante est toujours là : une marginalisation totale de la chanson amazighe. Même si quelques amazighs participent, ils sont écartés vers la touche pour la simple raison qu’il parlent et chantent en Amazigh. C’est ce qui est arrivé dernièrement à Agadir au militant-chanteur de la troupe TAFSUT Abdellah BOUZANDAG qui a été exclu de la compétition parce qu’il chante en Amazigh.

On a traité tamazight comme d’habitude : "folkloriquement"... Une autre lecon pour ceux qui parlent de la démocratisation des médias... Une télévision qui fait dans le racisme et l’exclusion, il n’y a plus que les crédules que cela étonne. Quoique nos officiels n’arrêtent pas de ressasser que, enfin, l’amazighité, dans ses différentes expressions, y aura de droit de cité, il faut dire que ce n’est pas le cas. Toujours ce terrible hiatus entre le discours et la réalité, pourrait-on dire.

Abdellah Bouzandag chanteur du groupe Tafsut Music Band l’a vécu, à ses dépens. Sans se faire d’illusions, il a voulu, comme tous les jeunes du pays, participer à l’émission Studio 2M. C’est son droit le plus absolu. Mais manque de bol, il chante en tamazight. Ce que, comme vous pouvez l’imaginer, est loin d’être du goût des responsables de l’émission. Cela peut même être rédhibitoire, une véritable tare. Il nous raconte sa mésaventure en ces termes.

« Le 12 juin dernier, je me pointe au lieu de la compétition. En voulant compléter le formulaire http://www.2m.tv/studio2m2006/st2006.pdf , j’ai été surpris d’avoir juste deux choix : chanson arabe ou chanson occidentale. Même pas marocaine ! Il faut le croire. J’ai donc décidé de ne pas cocher ni l’une ni l’autre. Lors de l’entretien, on m’a bien évidemment demandé dans quel genre je veux chanter. Ma réponse a été claire et nette : la chanson amazighe. Les responsables n’en revenaient tout simplement pas. Comme si j’ai commis un crime. Avec leurs mines complètement défaites, ils ont marqué la chanson arabe, malgré mes protestations. »

« Lors du premier tour, continue-t-il, j’ai interprété ‘’a vava inu va’’, a capella. Et même si je n’en croyais pas mes yeux, j’ai été sélectionné. Au tour suivant, j’ai été interviewé par un de leurs journalistes qui a voulu savoir pour quelle raison je chante en ’’chlha’’. Incroyable, absurde, n’est-ce pas ? Réponse du berger à la bergère, je lui ai fait toute une réplique, mais en tamazight. Je ne sais pas si cela va être diffusé, mais en tous cas tout a été filmé. Toujours est-il que ce jour-là, pour certainement me froisser, j’ai été le dernier à passer. Le jury était composé entre autres d’Anas Tadili et du chanteur Malek. Je ne sais pas si c’est vraiment sincère, mais celui-ci s’est montré très enthousiaste et a joué toute une partition sur la qualité des participations. Il a même commencé son intervention par un « azul » bien perceptible. »

« A la fin, conclut A. Bouzandag, et comme je m’y attendais un peu, le résultat était ainsi : huit personnes ont été sélectionnées pour la chanson arabe ( à Agadir, une ville prétendument amazighe !!) et deux pour la chanson occidentale. Je ne figurais pas naturellement parmi elles, car j’ai été tout simplement écarté. Ce que je n’ai pas accepté. J’ai donc voulu protester auprès du jury, mais on ne m’a pas laissé faire. L’un des responsables de l’émission, ayant remarqué mon sentiment d’injustice, m’a avoué qu’en tous les cas je ne pouvais pas passer au 3ème tour parce aucune musique amazighe n’y est programmée. Car, semble-t-il, la liste des chansons à interpréter par les candidats a été déjà bouclée. Aussi surprenant que celui puisse être, ce sont les responsables de l’émission qui décident de tout et effectivement- c’est le cas de le dire- ils ont décidé encore une fois d’exclure la chanson amazighe sur une télévision financée avec l’argent des Amazighs. »

Maroc, le tamazight toujours indésirable à Studio 2M

Studio 2M, un programme de compétition de chansons dont c’est la 3ème édition, est discriminatoire, car il a toujours marginalisé totalement, injustement la chanson amazighe et ses créateurs. Connaissant cette situation, certains chanteurs amazighs y ont quand même participé en espérant que les responsables de l’émission ont enfin changé.

Ô que non ! Abdellah Bouzendag, le militant/chanteur bien connu d’Agadir, l’a appris à ses dépens. Malgré le talent du groupe Tafsut band dont il est le leader, il a été immédiatement exclu. Sa faute, c’est probablement parce qu’il chante en tamazight. En effet, c’est encore une fois la preuve que l’amazighité est toujours indésirable dans les médias marocains. Ceux qui parlent de son intégration - dans ces médias- doivent revoir leurs copies.

Lahsen Oulhadj

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1 Message

  • 23 juin 2006 19:50

    Racisme a Studio 2M contre un artiste amazigh

    je suis un jeune mre cela me désole de voir et d’entendre cette discrimination dans mon pays d’origine on ne peut pas se vanter de la richesse culturelle de notre pays devant le monde entier et vouloir ressembler à cette vielle europe qui devient de plus en plus raciste par pitié et que dieu nous preserve de ce racisme dans ce beau pays qu’es le maroc nous sommes tous fréres et soeurs et c comme ça que le maroc deviendra un trés grand pays avec sa diversité culturelle. merci à tous

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