Culture
Le Souss réhabilite le dragonnier
Cette espèce est en voie de disparition. Des mesures de préservation mises en œuvre. Une exposition de photos lui est dédiée à Agadir. Le sud-ouest marocain n’en finit pas de dévoiler ses richesses végétales. Déjà réputée pour ses arganiers, la région abrite aussi une espèce endémique qui intéresse les botanistes internationaux. Il s’agit du dragonnier, une plante très originale en Afrique du Nord. Le dragonnier est une véritable curiosité botanique qu’un photographe, Saïd Aoubraim, présente actuellement via une exposition au musée du patrimoine amazigh à Agadir. Passionné, cet artiste s’est rendu dans des sites montagneux inaccessibles pour immortaliser à travers son objectif cette curiosité botanique.
Cette essence végétale niche dans les hautes falaises du Jbel Imzi et d’Adad Medni traversées par l’Assif Oumarhouz (Est de Tiznit). Une zone marquée par un relief rocheux et difficilement accessible. C’est peut-être cet isolement qui explique la découverte tardive du dragonnier au Maroc alors que l’espèce jouit d’une grande notoriété aux îles canaries depuis un millénaire. Dans le Royaume, il n’a été signalé qu’en 1996 par les professeurs Abdelmalek Benabid et Fabrice Cuzin.
Aujourd’hui, cet arbre dont la hauteur peut dépasser les 10 m, semble exercer un certain attrait tant au niveau des visiteurs de la région que sur les populations locales. Ces derniers utilisent les troncs de l’arbre comme ruchers, d’où l’appellation donnée d’Ajgal (rucher en tachelhite) au dragonnier. De ses troncs, on extrait également une gomme-résine appelée sang-de-dragon en raison de sa couleur écarlate. Elle est utilisée localement dans la fabrication de certains vernis et de matières teintantes. Les peintures rupestres d’animaux retrouvées sur les parois rocheuses des montagnes de la contrée furent élaborées à partir de ces colorants, est-il indiqué.
C’est en raison de ces attraits et des actions anthropiques destructrices dont fait l’objet aujourd’hui cet arbre remarquable, que des mesures de conservation ont été mises en œuvre. Une opération initiée par la direction régionale des Eaux et Forêts en partenariat avec le Conseil régional du Souss-Massa-Draâ et une ONG locale. La démarche qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de développement adapté à la région prévoit des actions de valorisation écotouristique, la protection des pieds de dragonnier existants et la multiplication de l’essence végétale en pépinière. Pour l’artiste photographe Saïd Aoubraim, cette richesse botanique pourrait contribuer au désenclavement de la contrée. C’est en tous les cas le souhait de toute une population.
Malika ALAMI
Source : L’economiste
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