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Culture

Interview : Développement humain au Maroc

vendredi 24 juillet 2009

Depuis l’indépendance du Maroc, des efforts gigantqesques ont été déployés pour sortir du sous-developpement. Pourtant de sérieux problèmes pérsistent : un enseignement sinistré, une explosion démographique, une infrastructure insuffisante et une politique linguistique et culturelle peu refléchie. Mohammed Albarnossé a vécu les changements politiques, culturels, economiques et sociax majeurs qui ont marqué le pays avant et après l’independance. Son travail en tant qu’ingenieur civil l’a mené à exanimer de près la question du sous-développement. Cet ingenieur originaire de Taza, est en plus un historien specialiste du Maroc et de l’Asie, notamment l’histoire moderne du Japon.

Dans le rapport officiel « Cinquante ans de développement humain. Perspectives 2025 », on fait éloge au développement humain au Maroc. Comment pouvez-vous évaluer cette période que vous avez vécu de près en tant qu’ingénieur civil ?

L’éloge, tant qu’elle comporte des mots, ne constitue nullement une critique. Analyser le développement humain de 1956 à nos jours, ne permet nullement d’aboutir à des éloges, plutôt à des critiques et à des recommandations pour que les prochaines décennies ne connaissent pas les mêmes errements et les mêmes erreurs d’appréciation.

Certainement, en cinquante ans, le développement humain peut être analysé sous deux angles différents : 1. Sous l’angle quantitatif. 2. Sous l’angle qualitatif.

1. Sous l’angle quantitatif, le développement s’est opéré dans un espace géographique qui lui aussi se subdivise globalement entre le monde rural et le monde urbain. Il est certain que le Maroc est passé en un demi-siècle d’une population totale de sept millions à une population de trente trois millions. La fraction rurale, qui était presque de soixante-dix pour cent en 1956, a été réduite à presque cinquante pour cent.

Ceci est à l’origine d’un exode rural sans précédant. Et qui dit exode rural dit aussi que le monde rural est incapable de retenir sur place une main-d’œuvre souvent non spécialisée et démunie. Ce surplus démographique génère des problèmes au niveau du milieu urbain qui connaît une surpopulation et des pressions énormes sur les systèmes d’alimentation en eau potable, d’évacuation des eaux usées, d’électrification, de construction, de scolarisation, de protection et de traitements sanitaires et, surtout sur le marché du travail.

De telles pressions sont à l’origine de la mendicité, de la criminalité, de la radicalisation religieuse, de l’habitat insalubre. Il est possible de comparer deux états de chiffres (1956-2005) des effectifs des analphabètes / alphabètes, des lits d’hôpitaux par mille habitants, des effectifs des médecins par mille habitants, des effectifs de terrains de sports par ville, des écoles, des lycées, des universités...

Ces états montrent effectivement un certain développement humain, mais ne signalent absolument pas l’adéquation des résultats numériques aux besoins sociaux à l’échelon national et au niveau local. Faire l’éloge aux cinquante ans de développement suppose que nous n’avons pas ces problèmes précités. Or, l’examen de la réalité du monde urbain et rural montre bien que nous avons toujours ces problèmes qui continuent à s’empirer.

2. Sous l’angle qualitatif, le développement humain n’a pas atteint les objectifs permettant à la société de sortir de son sous-développement. Les Protectorats français et espagnol avaient mis en place des structures génératrices de ce que l’on peut appeler en termes marxistes des classes sociales tout en limitant les ambitions d’une bourgeoisie conquérante marocaine.

Après la fin des Protectorats, la petite bourgeoisie et l’aristocratie marocaines ont pris la place des Protecteurs français et espagnols et ont continué souvent l’exploitation des ressources du pays. Toutefois, cela s’était accompagné d’une résurgence des vieux antagonismes pré-datant même les Protectorats au Maroc. La Révolte du Rif en 1958 qui a été réduite par la violence. La Révolte d’Addi ou Bihi dans le Tafilelt, les oppositions UNFP versus ISTIQLAL qui avaient un caractère d’oppositions entre SOUSSI et FASSI. La Révolte des Bouhsoussen en 1973 réprimée également d’une menière violente.

À la limite, le problème du Sahara occidental se range dans la catégorie du tribalisme toujours vivant et vivace en Afrique du Nord. Toujours est-il que les conflits au Maroc s’étaient opérés non pas en termes de classes sociales mais en termes tribaux. Le tribalisme que l’on a voulu éliminer en encourageant l’exode rural afin de vider les tribus de leurs contribues, continue de vivre dans la mentalité des contribules au point que même les coups d’État qui ont eu lieu au Maroc étaient inspirés par un tribalisme actif.

Parler du développement social sous l’angle qualitatif renvoie en fait à la stratification et à la mobilité sociale. La stratification sociale était en 1956 assez simple. Le pouvoir était entre les mains du Makhzen par le biais des caïds et des gouverneurs qu’il nomme. La propriété des terres agricoles qui était entre les mains de la colonisation, fut transférée à l’État. Les domaines forestier et alfatier appartiennent aussi à l’État. La distribution des produits agricoles de base (blé, sucre, thé, tabac, vins et alcools,...) et des services (transport routiers, maritimes et aériens, débits etc.) demeurent entre les mains de l’État.

Une petite bourgeoisie et une petite aristocratie terrienne autour des grandes villes impériales se dressaient face à la grande masse rurale qui ne peut revendiquer le statut d’appartenance au monde rural qu’à travers sa généalogie tribale pour justifier son statut de référence. C’est une confusion qui accompagne notamment les populations arrachées de leur tribu par l’exode rural.

L’État du Maroc étant le plus grand employeur et le plus grand propriétaire terrien à travers les cinquante ans, a construit des écoles et des hôpitaux pour répondre à ses propres besoins. Au début, l’école a permis en général de doter l’Administration en cadres pour répondre aux besoins. À la longue, le système économique fut incapable d’absorber tous les lauréats et on a abouti à ces tristes manifestations de diplomés chomeurs.

La mobilité sociale étant difficile en raison de la saturation des structures économiques et l’absence d’initiatives privées, en mesure de résorber le chômage qui tend à croître continuellement. Finalement et en plus bref, la tribu amazighe a été visée comme ennemi dès l’indépendance. Les tribus amazighes n’avaient jamais été soumises ni au Makhzen ni aux Français et Espagnols. La soumission ou la pacification franco-espagnole des tribus amazighes était en fait un acte de guerre qui, par les standards d’aujourd’hui, aurait été de la même nature que ceux commis par Saddam à l’endroit des Kurdes.

Une fois l’indépendance retrouvée, il a fallu affaiblir coûte que coûte ces réservoirs d’énergie humaine. L’exode rural et la mobilité sociale qui s’en suivirent allaient porter un coup auquel aucune tribu amazighe ne s’en remettra. L’exode rurale avait permis au Makhzen de créer une population dite urbaine acculturée qui a perdu ses racines tribales amazighes et qui sera la cible de la droitisation suivie de l’arabisation par un matraquage médiatique constant.

Et de ces nouvelles tribus darijisées et arabisées, le Makhzen peut s’opposer aux dernières têtes chaudes qui rêvent d’un quelconque avenir de l’amazighe politique. Le taux de chômage de la population active dépasse les vingt pour cent. L’immigration est recherchée par tous les moyens, y compris celui de risquer sa vie dans les pateras au Détroit de Gibraltar. Les "sit-ins" de diplômés chômeurs agrémentent la vie politique à Rabat. Je me demande si l’éloge est encore de mise dans pareil cas ou bien c’est le constat d’un échec .

Un demi-siècle d’efforts pour dégager le pays du sous-développement, c’est beaucoup de temps mesuré en termes d’instruments de pouvoir dont un Etat peut disposer. Or le traitement du développement à partir de l’Etat et à l’échelle du territoire a échoué car il n’a pas tenu compte des formes d’organisations locales. Certains spécialistes comme Jean Dresch mais aussi les collectivités locales ont appellé à régionaliser l’approche du développement. Ce qui pose la question : quel savoir pour quel pouvoir ?

La régionalisation dans le sens où l’a conçue et voulue Jean Dresch n’est plus retenue aujourd’hui. Mais elle a marqué l’évolution socio-économique. À l’époque de Dresch, le Maroc était divisé en deux grandes entités territoriales délimitées par une ligne droite commençant à Oujda et finissant à l’embouchure de l’Oued Drâa. Ce qui est situé à l’ouest de cette ligne s’appelait le Maroc utile et l’autre partie restante s’appelait le Maroc inutile.

Vous imaginez clairement que tous les efforts de développement vont se concentrer dans le Maroc utile et notamment au niveau de chaque bassin versant des grands fleuves marocains : le bassin du Sebou dont le projet d’étude a été financé et réalisé par l’ Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au cours des années soixante ; le bassin de l’Oum Erbia dont l’aménagement a été commencé par la France ; le bassin de Tensift et le bassin de l’Oued Souss qui ont été initiés par la suite dans la même logique, y compris le bassin de l’Oued Ziz qui retint l’attention quand les Algériens avaient construit en aval de cet Oued un barrage nommé Jorf Tourba.

La première régionalisation comporte une armature liée à la géographie et accessoirement devant servir le brassage des populations amazighophones avec les populations darijiphones. Disons-le clairement, à cette époque, chaque région avait une part importante d’amazighophones. Le chef-lieu de la région devait en principe servir à homogénéiser le brassage des tribus en créant des infrastructures (écoles, lycées, hôpitaux, tribunaux...).

C’était donc une méthode pour faire oublier aux Amazighes la structure tribale qui est restée fonctionnelle bien après l’indépendance et la faire supplanter par les structures promues par le Makhzen avec comme langues de communication l’arabe et la darija. L’amazighe n’avait pas de place. Il devait s’éteindre par lui-même.

Justement cette évolution socio-économique mal équilibrée et une arabisation à outrance vont provoquer la réaction des berbérophones. On réclame aujourd’hui l’intégration et la reconnaissance de la spécificité amazighe du pays. En quoi consiste cette spécificité selon vous ?

La spécificité amazighe n’est pas une caractéristique difficile à retrouver. Elle est présente dans les toponymes, dans la cuisine, dans l’habit, dans la mémoire collective et dans le discours de tous les jours. Après l’indépendance l’Etat a cherché par tous les moyens à affaiblir la JMAA amazighe. Or la JMAA assurait la sécurité, la justice et le mariage et les conflits sociaux.

La gendarmerie royale et les tribunaux modernes se sont révèlés au cours des décennies comme étant inaptes à jouer le rôle joué par la JMAA. La spécificité amazighe doit commencer par une reconnaissance des collectivités locales amazighes comme le furent autrefois. Il s’agit d’un découpage territoriale simple et aise. Car les Amazighes s’identifient toujours par rapport à leur tribu.

Réhabiliter les collectivités locales amazighes en leur déléguant les pouvoirs qu’elles avaient jadis : sécurité, santé, justice et éducation. Le Maroc a régressé depuis l’indépendance car Rabat chercha par tous les moyens à renforcer une centralisation à outrance. Une espèce de vengeance contre les Amazighs récalcitrants. C’est une mesure facile à prendre si le Makhzen le veut. Il aura approfondi la démocratisation du pays. Et les Amazighs vont retrouver leur démocratie tribale confisquée par le Makhzen.

Encore faut-il que les nouvelles générations se souviennent après un demi-siècle de centralisme étatique et d’arabisation forcée. D’où le rôle de l’enseignement de l’histoire. Est-ce pour cette raison que vous avez rédigé vos mémoires tout en essayant de reconstruire l’histoire de vos ancêtres ? Parlez nous un peu de cet ouvrage. Comment et pourquoi vous l’avez publié ?

J’ai vécu mon enfance sous le protectorat français et sous le Maroc indépendant. Jai été marqué par la sérénité de mes parents en ce qui concerne la justice et la sécurité à l époque du Protectorat. Dans notre tribu la JMAA assurait la sécurité et la justice. L’intervention de l’administration du Protectorat (caïd ) est très rarement sollicitée.

Le Maroc devenant indépendant, la sécurité et la justice furent perdues à jamais. Notre famille a connu deux cas, une agression sur mon oncle. L’autre un empiétement sur une propriété agricole appartenant à mon beau-frère. Ces affaires n’ont jamais été dénouées par les tribunaux du Maroc indépendant. En 1959, avec la crise du Rif ma sœur et mon beau-frère ont échappé par miracle à la violence de l’armée royale chargée de mater les rifains.

J’étais aussi marqué pendant cette période d’enfance de certaines pratiques sociales des Branes et de certains aspects de la mémoire collective de ma tribu. C’est le langage vernaculaire qui m’a frappé. Je n’arrivais pas à communiquer avec ma grand mère paternelle qui parlait amazigh. Mes enfants aussi trouvèrent des difficultés à communiquer avec ma propre mère qui parle le dialecte des Branes saturé de mots amazighs empruntés à sa tribu des Gzanaya. En faisant mes propres recherches j’ai trouvé que les Branes ne sont pas arabes. Ils parlaient en fait un langage calqué, l’amazigh et non l’arabe. Le lexique des Branes est toujours saturé en mots amazighs avec une dissonance arabe.

J’ai écrit donc une partie de ma mémoire pour la transmettre à mes enfants et tous les enfants qui se sentent le besoin de renouer avec la mémoire collective de leur tribu. J’estime qu’en oubliant la mémoire collective de nos parents, nous perdons une partie importante de notre personnalité. Le matraquage médiatique du Maroc vise à l’acculturation des marocains dans leur propre pays. Ce qui est à mon avis abject et insensé. Mon livre est destiné à donner un élan à la spiritualité politique des amazighs qui ont perdu l’usage de la langue mais qui se sentent toujours au fond d’eux même amazighs. Moi même étant un mauvais locuteur en amazigh, j’estime que je dois soutenir la cause amazighe.

A coté de votre travail d’ingénieur, vous avez etudié les cultures asiatiques. Vous êtes un connaisseur de l’histoire moderne du Japon, un pays non-occidental, non chrétien qui, comme le Maroc, a essayé de moderniser par l’importation des techniques et des connaissances occidentales. Pourtant les deux pays ont abouti à des résultats très différents en matière de développement humain. Comment voyez-vous la différence entre le Japon et le Maroc ?

Il y a deux niveaux de différences. La différence actuelle au niveau du développement fondé sur une économie de marché où les produits sont fabriqué sur place ou importés et distribués aisément à travers le pays. Celà fait du Japon une grande ville au point qu’il n’y pas de discontinuité entre l’espace rural et l’espace urbain. Ca donne l’idée d’un grand jardin car l’agriculture prend à tous les niveaux l’image d’un jardinage. La nature étant respectée par les traditions religieuses japonaises, il n’y a pas d’espace abandonnée.

La différence actuelle au niveau des grandes métropoles, est de nature à causer le choc culturel. Le volume des passagers transportés par les milliers de train par heure font de Tokyo une véritable fourmilière capable de recevoir en une journée cinquante millions de passagers avec des gares situées à plusieurs niveaux par rapport au sol et de les renvoyer le soir par les mêmes trains à la même cadence.

La différence se voit à la conception du temps au Japon qui est mesurée à la précision atomique et utilisée à la seconde prés. La différence se voit au niveau de la propreté des cites, des gares, des rues et des gens dans la rue. La grande différence qui à l origine de tout le progrès social réalisée, se trouve dans la mentalité des Japonais. Avant l’ère Meiji, la société japonaise était organisée selon le système des castes mais avec un pouvoir central puissant et organisateur (shogunat).

Le Shogunat avait standardisé la production sociale à tous les niveaux y compris les cérémonies de thé de fleurs. Il avait standardisé la production des bâtiments : hauteur de poutres, largeur et longueur des pièces, les portes glissantes, les fenêtres... en fin tout. Il avait standardisé la vie sociale et organisé une vie citadine active avec la publication de journaux et revues.

Quand la reforme Meiji fut instaurée en 1868, la société japonaise était déjà prête à recevoir le progrés importé de l’étranger. Ce progrès était tellement salutaire qu’il a permis très rapidement de répondre à des besoins déjà standardisés, notamment pour les produits industriels. Les castes ont été remplacé par les entreprises. Et les samouraïs, obligés de renoncer aux prérogatives de leur caste, devinrent des chefs d’entreprises, s’inspirant de l’esprit chevaleresque dont ils étaient les dépositaires. La société fortement segmentée par les castes, a donné naissance à une société fortement segmentée par les entreprises avec l’allégeance autrefois accordée aux samouraïs. Les ouvriers et les employés donnent leur allégeance aux chefs d’entreprise. L’entreprise est le lieu où toutes les énergies individuelles japonaises sont investies pour produire et gagner sa vie.

La différence avec le Maroc du sultan Hassan Ier au XIXème siècle, qui envoya les missions d’étudiants en Europe à la même époque que Meiji, réside dans l’esprit de corps des japonais et son absence au niveau du Maroc. Alors que l’Empereur était tout puissant, le sultan Hassan Ier était en guerre avec les tribus amazighes pour collecter des taxes. Alors que l’empereur Meiji n’avait pas de problèmes avec les clergés des religions du Japon, le sultan Hassan Ier avait une opposition multiple au niveaux des foqaha qui interdisaient les relations avec les régimes non-musulmans. Il avait une opposition avec les chefs des Zaouyas qui concurrençaient le Makhzen dans la collecte des taxes et des zakat.

La différence avec le Maroc vient du fait que nous n’avions pas au XIXème siècle une vie urbaine intense comme dans les cites asiatiques. Toute la population urbaine de toues les cites marocaines au début du XXème siècle ne dépassait guère quatre vingt mille habitants. Ce qui équivaut à un seul quartier de Tokyo à la même époque.

L’empereur Meiji créa le japonais moderne en se fondant sur les centaines de dialectes que la nation japonaise employait à son époque. Il normalisa l’écriture des kanji en les simplifiant. Enfin, il unifia en homogénéisant le shintoïsme, la religion officielle de l’Etat.

Toutes ces choses ont manqué au Sultan Hassan Ier qui était à la tête d’un peuple quasiment amazighophone avec une élite quasi nulle, parlant l’arabe et ayant fait des études en langues européennes. Pour la religion, le Sultan était considèré comme un chef de confrérie (alaouite) par les autres cheikhs des Toroq. Le Sultan ne pouvait donc ni homogénéiser ni unifier le front religieux ou la langue nationale. De ce fait, sa tentative d’envoyer des marocains se former à l’étranger, était sans portée sociale. Quand les lauréats avaient terminé leur formation, une fois revenus au pays, ils furent excommunies par les Oulemas, quand leur vie n’a pas été carrément mise en péril.

La langue nationale et la religion ont été habillement exploitées en synergie par l’empereur Meiji alors qu’elles ont fait imploser le Sultanat de Hassan Ier par les révoltes régionales que la France et l’Espagne allaient réprimer dans le sang en usant de l’euphémisme pacification.

Bref, il n’y a pas de comparaison possible entre le Japon, fortement urbanisé avec une élite bien éduquée et une population lettrée, tournée vers le progrès ; et un Maroc au régime moyenâgeux, sans urbanisation, sans élite intellectuelle et avec une population quasiment analphabète. (fin)

Biographie M. Albarnossé :

- Naissance en 1947.
- Diplomé de l’Ecole Nationale du Genie Rural et des Eaux et Forets de Paris ( France).
- Titulaire d’un DESS en Gestion de Projet, Université des Arts et Techniques de Lille (France).
- 1970-1981 : Carrière d’Ingenieur des Eaux et Forets au Maroc.
- 1981-1984 : Chef de la Cellule d’études et d’assistance aux Collectivités Locales, Ministère de l’Intérieur.
- 1984-1985 : Chargé d’études au Secretariat d’Etat, chargé de la Promotion Nationale auprès du Ministère de l’Intérieur.
- 1986-1988 : Chargé d’Etudes auprès du Ministère du Plan.

Publications :

- L’arganeraie et ses problèmes. Rabat, 1975.
- L’autosuffisance alimentaire en l’an 2006 examinée à l’aide des fonctions de production des ceréales principales. Rabat, 1986.
- Souvenirs d’enfance d’un enfant des Branes. Edité au Japon, 1998.
- L’Islam de la tribu des Branes (en cours de préparation).

Jean Dresch :

Jean Dresch (1905-1994), un nom qui signifie géographie, mais aussi Afrique du Nord et libération des peuples colonisés. Voyageur infatiguable, installé au Maroc depuis 1928 où il a etudié deserts et montagnes. Il a marqué plusieurs générations de chercheurs de différentes disciplines du monde entier : des gégraphes, des archéologues, des anthropologues, des sociologues, des politiciens et des écologues. Il est l’auteur d’une centaines d’articles scientifiques sur l’histoire et la géographie. Un apercu de sa vie et de son travail a été publié dans un numéro spécial de la Revue de l’Occident Musulman et de la Mediterranée (41-42). Portrait : Ernest Pignon.

Source : Souss.nl

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