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Culture

IRCAM - HCA, même combat !

vendredi 27 mai 2005

Il y a quelques semaines, des membres de l’Institut royal marocain chargé de s’occuper de la question amazighe se sont retirés du Conseil d’administration de cette institution royale. La nouvelle a beaucoup circulé dans les milieux amazighs et dans certains de ces milieux cela a même fait couler beaucoup d’encre. En ce qui nous concerne à Tamazgha.fr, nous nous sommes contentés de publier une caricature à ce sujet. Pour essayer d’avoir une idée sur ce retrait du CA de l’Ircam de sept de ses membres, nous avons posé 4 questions à Mustapha Berhouchi qui nous livre ses impressions.

Mustapha Berhouchi est membre de l’association "Tilelli" basée à Tzi-n-Imnayen (Tamazgha occidentale). Infatigable militant de la cause amazighe, Mustapha Berhouchi est connu pour ses positions claires notamment par rapport à ces systèmes qui tentent de soumettre Tamazgha à jamais. Il a par ailleurs animé plusieurs conférences ces dernières années dans les campus universitaires de Tamazgha occidentale.

Kra Isallen : Dans un communiqué rendu public le 21 février 2005, sept membres du CA de l’IRCAM font savoir leur retrait de cet instance de l’institut royal. Il s’agit de MM. Abdelmalek Houcine Ousadden, Mohamed Boudhan, Hassane Banhakeia, Mohamed Ajaajaa, Mimoun Ighraz, Ali Bougrine et Ali Khadaoui. Quelle est votre réaction ?

Mustapha Berhouchi : Les concernés prétendent qu’ils se sont retirés. Mais beaucoup croient qu’on les a plutôt retirés de la scène de l’IRCAM pour leur attribuer un autre rôle quelque part. Ils ne tarderont pas à tenter de réapparaître ! Pour le moment, ils sont dans les coulisses !

Certains observateurs disent de ces "démissionnaires" de l’institution royale qu’ils sont doublement courageux : courageux par ce qu’ils ont accepté de rejoindre l’Ircam, et puis encore plus courageux car ils l’ont quittée. Quel est votre commentaire ?

La collaboration n’a jamais été un acte courageux ! Et un collabo n’est qu’un collabo ! Tout ce qu’il fait est suspect. Un proverbe amazigh dit : "Ish’allel uh’ellal meqqar inna nniyt !" (Le menteur ment même quand il dit la vérité !)

A votre avis, cette "démission" affectera-t-elle l’Ircam ?

Cette "démission" est plutôt une conséquence de l’affection qui a déjà atteint l’IRCAM. C’est une affection congénitale. Elle est prévue par les concepteurs. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est la rapidité avec laquelle l’anomalie allait se manifester. Ils ne s’attendaient pas à ce que l’IRCAM commence à se désagréger deux ans seulement après son "assemblage" !

Quelle suite peut-on imaginer à cette "démission" ?

La suite, ce sera la continuité de la désagrégation de l’IRCAM qui est condamné à avoir le même sort que le Haut Commissariat à l’Amazighité (H.C.A.) algérien dont on commence déjà à oublier l’existence. Ces deux institutions (présidentielle en Algérie et royale au Maroc !) sont dans l’impasse : elles ne peuvent ni satisfaire, ni neutraliser les revendications des Imazighen. Elles ne peuvent pas les satisfaire car elles ne sont pas faites pour cela ; elles ne sont conçues que pour essayer de les neutraliser. Et elles ne peuvent pas les neutraliser car on ne neutralise pas la volonté d’un peuple, surtout par les temps qui courent !

Et n’oublions pas que dans le passé les Phéniciens, les Vandales, les Romains et d’autres peuples-conquérants ont déjà tenté d’anéantir le peuple amazighe ! Mais des siècles plus tard, ces peuples ont disparu alors qu’Imazighen sont toujours là !

Propos recueillis par Masin Ferkal. source : Tamazgha.fr

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