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Haj Moulay Massoud Agouzzal

mercredi 19 octobre 2005

Surnommés “capitalistes du flair”, puisqu’ils avaient basé leurs affaires sur l’instinct, ils étaient travailleurs, économes, solidaires et discrets. La religion, qui revêtait chez eux une grande importance, et qu’ils intégraient même à leurs affaires, a été la référence spirituelle sur laquelle ils se basaient pour crédibiliser leur business. Ils étaient spontanément honnêtes. Les coquins étaient rares. Et la mission de ces “expatriés” était : “Réussis ou crève”. Il n’était pas question de revenir au pays la mine déconfite. La réussite donnait la capacité de faire venir d’autres cousins pour les sauver de la misère où ils croupissaient.

Ces commerçants n’avaient pas la moindre confiance dans le crédit. Voilà pourquoi, au début, ils ont investi dans des secteurs où les transactions se faisaient en liquide. Et ils renonçaient aussi, même après l’indépendance, à contracter des crédits auprès des banques pour financer leurs affaires. Ils se contentaient de réinvestir ce qu’ils gagnaient.

Volonté

L’un de ces pionniers désargentés et âpres au gain, porte un nom très connu. Ahmed Akhannouch avait débarqué, comme n’importe quel inconnu attiré par Casablanca, en 1932. Avec quelques maigres économies et une volonté inébranlable de réussir, il n’innove pas, le sillon est creusé. Il ouvre sa première boutique de commerce de détail. Tafraout, Tiznit et d’autres villages du Souss sont connus pour avoir donné ces petits commerçants au flair infaillible qui leur donnera un sens du “business” très développé. Nombre d’entre eux s’engagèrent ensuite dans le commerce de gros, que ce soit à Agadir, à Casablanca, à Paris ou ailleurs. Le gain facile, ils ne l’ont jamais connu. Pour prospérer, la recette était faite de règles simples, mais dures : ils ouvraient leurs boutiques à l’aube, fermaient tard dans la nuit, consommaient peu, faisaient des économies et réinvestissaient leurs gains. Se serrer la ceinture était un réflexe nécessaire pour décoller. Certains d’entre eux, soucieux de ne pas dépenser un centime de manière injustifiée, dormaient dans leurs boutiques pour ne pas payer de loyer. Cela n’était pas rebutant pour des gens habitués aux rigueurs de la vie.

Source : Maroc-Hebdo

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