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Haj Ahmed Akhennouch
Haj Ahmed Akhannouch se montrera comme l’un des plus méritants. Il développe ses activités et finit par posséder sept boutiques, dont certaines sont confiées en gérance à des proches. En 1943, il opère un retour à Agadir pour y fonder une entreprise de pêche et de conserverie. Juste après, ne se contentant pas du commerce et de la pêche, il se lance dans les mines et plus particulièrement dans le marbre. Il décide alors de créer Somarbre, dont une partie de la production est destinée à l’export, entre autres, à destination de l’Italie. En parallèle à cela, il était très connu pour ses intenses activités nationalistes contre le colonisateur dans la région du Sud.
Il est vrai que pour un Soussi de cette époque, accepter la colonisation était une entorse à ses valeurs. Alors Ahmed Akhannouch était prêt à tous les sacrifices. Son activisme militant lui vaudra d’être dépossédé de tous ses biens et d’être exilé dans une sombre prison de sa région natale. Il y passe cinq ans. Ses affaires n’ont pas résisté. Ruiné mais déterminé, après sa libération, il recommence à zéro. Cette énergie, cette confiance en soi et cette résolution à ne pas baisser les bras n’était certainement pas chose courante. Il réussira à se relever. Reconverti dans le pétrole, il fonde la société Afriquia à Casablanca, avec un associé de sa région, Ahmed Wakrim. C’est la première société marocaine indépendante spécialisée dans la distribution des produits pétroliers. Le risque est total mais le défi fabuleux, il frisait même l’inconscience. pourtant, très vite, il concurrence de front des géants mondiaux de la distribution des hydrocarbures, comme Shell, Mobil, Total et British Petrolum. Plutôt que de les affronter, il les contourne. Endurci par son séjour en prison et sa première faillite, il va jouer gros sans garantie de réussite. Il s’approvisionne auprès des Russes et sa première commande fut colossale : 200.000 tonnes de brut soviétique. Où les stocker ? Il ne sait pas. Les infrastructures de stockage, il n’en possède pas. Alors il vend directement sa marchandise sur le port ! Au moins, pour une bonne partie. Mais, le développement de son affaire pétrolière nécessitait des équipements de stockage. Sans moyens importants, il rachète de la ferraille abandonnée par les Américains en 1942 et fait fabriquer par des ouvriers marocains ingénieux, des bacs hermétiques qui font office de citernes. Simple, efficace et ingénieux. Son ascension dans le pétrole fut fulgurante. N’importe quel parvenu se serait mis au cigare et aux cocktails à sa place. Non. Haj Akhannouch restera un homme tempéré, simple et pieux.
Source : maroc-hebdo
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