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Culture

Entretien avec Lhoucine Ben Ihya, auteur d’un livre sur Fatima Tabaâmrant.

mercredi 26 octobre 2005

"Cependant la chanson dite de Rways( poètes chanteurs) est menacée de disparition dans un contexte dominé par la mondialisation, les antennes paraboliques et l’Internet en l’absence d’associations professionnelles et de textes de loi régissant ce métier. La chanson amazighe est banalisée dans le marché de propriétés symboliques. Elle est négligée par l’audiovisuel et les conservatoires de musiques. Il est inadmissible qu’elle ne soit pas présente dans les deux chaînes de télévision financées par les marocains."

Lhoucine Ben Ihya est né en 1966 à Tiznit. Il a obtenu une Licence en Littérature à l’Université d’Agadir sur " la Poésie du témoignage chez Lhaj Belaîd " et un D.E.S à l’Université de Casablanca.

Il est membre de plusieurs associations Amazighes.

Souss.Net : Pourquoi la publication d’un ouvrage sur la poétesse chanteuse Fatima Tabaâmrant ?

Lhoucine Ben Ihya : La publication d’un ouvrage sur la poétesse Fatima Tabâamrant est une nécessité naturelle. A ma connaissance il n’existe pas d’études consacrées à la poésie de Tabâamrant sauf un mémoire de licence. C’est une manière de reconnaître la place qu’occupe cette poétesse dans la littérature identitaire maghrébine. C’est la première fois dans cette littérature qu’un chanteur de Rways(poéte chanteur) fasse des recherches sur l’histoire de l’identité maghrébine afin de les exploiter dans sa poésie et ses chansons. Ces vérités historiques qui étaient prisonnières auparavant des salons culturels privés ; Fatima Tabâamrant les a faites intégrer dans ses chansons comme revendications culturelles et identitaires. Ces revendications ont revêtu un aspect linguistique au début de sa carrière pour se transformer en revendications culturelles par la suite. La poétesse revendique aussi dans ses chansons la collecte des poèmes anciens tels que les poèmes de Sidi Hmmou Outaled et Bousalem. L’ouvrage publié est un premier tome qui concerne la collecte des chansons enregistrées dans 15 K7, le deuxième tome concernera la collecte des chansons de 15 autres K7 et il sera publié ultérieurement.

souss.net : Quels sont les différents thèmes traités dans la poésie de Fatima Tabâamrant ?

L.B.I : Les thèmes traités par cette poétesse sont variés, à commencer par les souffrances des orphelins parce qu’elle même a vécu ce sentiment dans son enfance. Elle a également débattu du chômage des jeunes, la drogue, la corruption, l’émigration rurale sans oublier ses grands poèmes lyriques et aussi des thèmes relatifs à la société notamment la solidarité, la paix et la conservation des coutumes et traditions mais le fil d’Ariane qui relie tous ces axes restent tissés autour de l’identité amazighe considérée comme thème leitmotiv dans ses chansons. Elle est en quelque sorte le porte parole du mouvement amazighe. C’est dans ce sens que nous avons choisi pour titre de cet ouvrage : mon identité.

souss.net : Vous avez aussi effectué des études sur le poète Lhaj Belaîd , y a t-il des points communs entre les deux poètes ?

L.B.I :Effectivement, j’ai consacré la plupart de mes recherches au poète chanteur Lhaj Belaîd parce qu’il est de ma région et c’est aussi un grand poète de la littérature marocaine amazighe ; je lui ai consacré mon mémoire de licence, mon DEA et ma thèse de DES en littérature. Concernant les points communs entre les deux poètes, je dois dire que la créativité reste le tronc commun entre eux, mais chacun des deux a ses spécificités. Tabâamrant reconnaît la poéticité de Lhaj Belaîd et il aurait pu faire la même chose s’il était encore en vie.

souss.net : Comment évaluez-vous la chanson amazighe d’aujourd’hui ?

L.B.I : Je dois dire que la chanson amazighe actuelle se porte bien, il existe de bonnes chansons mais aussi de mauvaises productions. Cependant la chanson dite de Rways( poètes chanteurs) est menacée de disparition dans un contexte dominé par la mondialisation, les antennes paraboliques et l’Internet en l’absence d’associations professionnelles et de textes de loi régissant ce métier. La chanson amazighe est banalisée dans le marché de propriétés symboliques. Elle est négligée par l’audiovisuel et les conservatoires de musiques. Il est inadmissible qu’elle ne soit pas présente dans les deux chaînes de télévision financées par les marocains.

souss.net : Quel est le rôle de la poésie dans une ère de nouvelles technologies et de mondialisation ?

L.B.I : La poésie a toujours un rôle à jouer au dépit de tous contextes et circonstances parce qu’elle est attachée à l’homme qui a crée ces technologies ; l’art en général bénéficiera des services présentés par ces outils technologiques.

Par Mohamed Nassiri.

Source : souss.net

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1 Message

  • 7 janvier 2006 16:32

    hommage à TAYRI

    BRAVO d’abord à notre cher maître et ami SSI LHOUCINE BEN IHYA qui ne cesse de porter grand intérêt à tamazeght notamment le coté Art et poésie, en un mot AMARG.

    Bravo également TABAAMRANT, tout le monde reconnaît actuellement son rôle ,sa réputation, sa place de plus en plus grandiose dans l’environnement culturel amazigh. D’année en année plusieurs prix lui avaient étés attribués, cette année encore la RTM nous annonce la nouvelle : le prix de la meilleure chanson amazigh remporté par Fatima Tabaamrant . Certes Ils sont de plus en plus rares les gens qui disaient AMARG IDDA IMOUN D IDBAB NAS en exprimant leurs regrets pour l’arrivéede la fin de ce type de chanson marocaine .Mais cette belle relance ne date pas d’aujourd’hui et surtout ne revient pas uniquement aux efforts d’un seul chanteur ACHLHI. Si tabaamrant est souvent honorée, d’autres sont malheureusement beaucoup oubliés a cause de leurs tendances à chanter les sentiments et l’amour en bref TAYRI. Tel LHOUSEIN LBAZ, LHOUSEIN AMRRAKCHI, OUTTALB...etc.Ces trois noms à titre d’exemple ont pu être présents sur la scène depuis les année 80. Leurs productions sont toujours et encore réputées et recherchées . Sauf que personne ne reconnaît "officiellement " les efforts qu’ils n’ont cessé de fournir pour la modernisation de la chanson amazigh. Et personne n’a jamais pensé à rendre hommage à l’un de ces feus chanteurs. Et cela pour la seule raison qu’ils persistent à chanter TAYRI ; et pourtant HAJ BLAID était en premier rang des chanteurs de TAYRI, l’ouvrage de M. BEN IHYA confirme cela. un ami se moquant de la nouvelle m’a dit que le jury de la chanson moderne a choisi ces chansons peut être pour s’approcher de Dieu : “La Hob illa Hob Allah” Prix d’argent, "Arrahma Fi Allah" le Prix de bronze, le Prix de la Composition est alloué la chanson “Arbbi a Moulay”... Quant à la chanson en TACHLHIT les quelques SMS représentant le public achlhi montrait des tendances plus militantes, ce qui est très habituel dans ce genre de sollicitations, la chanson est alors choisi pour ses paroles qui vont dans ce sens. Et en attendant que notre chanson s’échappe du politique et du militantisme ,moi je dirai à LBAZ et tous les autres : l’avenir saura vous rendre hommage et chapeau de ABDELLA RACHIDI .

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