Toute l’actualité sociale, politique, culturelle et économique du Maroc et de Souss

Culture

Entretien avec Ali du groupe Amarg fusion "nous avons notre identité, mais nous restons ouverts"

vendredi 17 août 2007

Comment fait Amarg fusion pour préserver son identité et se démarquer des autres groupes existants sur la nouvelle scène ?

Nous essayons de garder notre identité à travers les instruments, le rabab, la langue amazighe que l’on utilise. Avec tout cela, nous avons une identité propre à nous, mais nous restons ouverts sur toutes les cultures du monde. Le plus important pour nous est de jouer un rôle dans la rencontre de toutes les cultures et de toutes les générations et c’est surtout actualiser notre patrimoine et le remodeler dans une musique moderne.

Vous avez fait le choix de ne chanter qu’en amazigh, un choix audacieux certes, mais est-ce que ça ne vous fait pas peur que ce soit un frein pour la conquête d’un public plus large ?

La langue n’est qu’un moyen de communication, parmi tant d’autres. Le plus important, ce sont les sujets que l’on traite. Même nous, nous écoutons d’autres musiques dans des langues différentes. Dans la langue, il y’a des idées, des thèmes et pour nous la langue amazighe est notre identité et l’on doit la sauvegarder. C’est avec l’amazigh que l’on peut mieux s’exprimer mais il faut dire qu’il y a des thèmes que l’on partage avec tout le monde.

Bien que vous ayez eu un malaise au festival de Fès, vous avez continué jusqu’à la fin du show, ce courage est dû à quoi exactement ?

C’est un amour pour la musique mais c’est aussi un engagement vis-à-vis de moi et du public, c’est un travail que je dois accomplir jusqu’au bout. Si je suis malade, je dois terminer mon travail avant et après on verra. Et c’est ce qui s’était passé à Fès, j ai fini le concert et juste après je me suis rendu à l’hôpital. Mais maintenant, je vais bien, j ai cessé de fumer, et je voudrais véhiculer un message à travers vos colonnes à tous les fumeurs : la cigarette est synonyme de mort.

Alors à quand une chanson pour les fumeurs ?

Ça viendra, on a parlé un peu de tout et l’on parlera de la cigarette aussi ; c’est un sujet qui mérite d’être abordé surtout que de nos jours la plupart des jeunes fument, donc il faut souligner qu’elle est dangereuse. J’étais conscient de sa gravité, mais je n’ai réellement cessé que lorsque je me suis retrouvé à la clinique.

Votre prochain album ?

Notre album Argane verra le jour en janvier 2008, et c’est une promesse de la part de notre groupe. C’est un album qui a été élaboré avec le soutien de l’association Timitar. Les thèmes que l’on a abordés sont divers, on a parlé de l’argane et de l’eau qui est une problématique internationale. Nous avons aussi parlé de l’enfance car malgré les efforts déployés dans le secteur de la défense des droits de l’enfant, il reste du chemin à faire. Il nous a semblé important d’évoquer certaines valeurs humaines qui ont tendance à disparaître de notre société comme par exemple la solidarité.

De par les sujets que vous avez abordés, on ressent que c’est un album de la maturité. N’avez-vous pas suivi la nouvelle tendance qui ne fait que critiquer ?

Je dirai qu’on est un groupe optimiste, on voit toujours le bon côté des choses, il y a des tares dans notre société, mais nous avons également des atouts. On tient à être différents des autres groupes, car tout le monde aujourd’hui a tendance à parler des mêmes thèmes alors qu’il y’ a des causes à défendre. Je tiens à dire que nous avons un nouveau Maroc, et ceux qui ne voient pas cela, ils veulent tout simplement vivre à une époque que nous avons dépassée.

Salma Bounjara

Source : Libération

Répondre à cet article

En liaison avec cette article

 

Souss.com | Archive du forum | Tags forum | Plan du site | Archives articles | Tags