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Du 24 au 29 mars, Marrakech chantera la poésie en chœur

jeudi 20 mars 2008

Un Printemps tout en rimes. Pour les amateurs de lyrisme et d’art poétique, ça va rimer à Marrakech ! La ville ocre sera la capitale de la poésie du 24 au 29 mars. Durant une semaine, la versification, sous toutes ses formes, sera à l’honneur et « se glissera » dans la peau de différents genres artistiques. Théâtre, gravure, peinture, cinéma, ateliers… convergeront tous vers une même expression pour l’exalter à sa juste valeur.

Adultes et enfants seront invités à célébrer la fête de la poésie comme il se doit. L’Institut français de Marrakech, initiateur de cet évènement, dans le souci de ratisser large et de toucher toutes les couches sociales, a « fait éclater cet évènement » dans l’espace et dans le temps. Aussi, du 25 au 28 mars, un comédien marocain et un autre français clameront des poèmes au cœur de la médina, en français et en arabe tous les jours du mardi au vendredi à 18h, devant le club Med, place Jemaâ El Fna.

Deux cultures, deux langues différentes mais une même sensibilité et un même amour pour les belles lettres feront vivre aux Marrakchis des moments d’élévation et de pure joie. Loin d’être fortuit, le choix de la place mythique de Jemaâ El Fna contribuera à conférer une nouvelle dimension à cette rencontre hautement spirituelle. La beauté dévoilée par les vers et les senteurs qui enveloppent les poèmes se répandront sur les lieux et les baigneront des plus belles saveurs. La fête continuera, tout aussi poétique, mais cette fois-ci, avec un autre genre artistique : le cinéma. « Quand la mer monte », qui sera projeté le mercredi 26 mars à 19h à l’Institut français, raconte l’histoire d’Irène et de Dries qui s’amourachent l’un de l’autre sur fond de conflits perturbateurs. Un film, plein de poésie, où la dureté de la vie cache un romantisme et une envie de vivre qui font que les personnages s’accrochent avec force.

Le vendredi 28 mars, ce sera à la gravure de monter au créneau et de prendre le devant. L’exposition intitulée « L’univers poétique de Didier Hamey » donnera à voir les œuvres d’un artiste qui vénère la beauté au point de la réinventer. Les gravures de D. Hamey sortent des sentiers battus et expriment sa vision originale de l’art. Difficiles à cerner, mystérieuses mais délicates, telles sont les gravures de notre homme. Bref, elles sont pleines de poésie. Autre moment fort de cet évènement-phare : une rencontre avec Touria Ikbal. La poétesse de Marrakech, également traductrice, présentera son recueil dont elle lira des extraits.

Le samedi 29 mars à 20 h 30, à Institut français, rendez-vous avec un spectacle musical : « Une nuit au jardin d’Omar Khayyam ». Un mélange harmonieux de vers et de notes dans une mise en scène enchanteresse qui fait la part belle au rêve et au « féerique ». Quoi de mieux pour clôturer en beauté cette manifestation… Mais ce n’est pas tout. Faire découvrir aux petits les perles de la littérature semble aussi être un des soucis des organisateurs de ce festival.

Un programme spécial leur sera dédié. Il comprend une initiation à la poésie, des échanges autour de l’expression poétique, la réalisation d’un blog poétique, des ateliers de chants, d’expression corporelle et de gravure. De quoi faire éclore la verve poétique chez nos chérubins.

Hommage à Omar Khayyâm

Le spectacle musical « Une nuit au jardin d’Omar Khayyam », programmé le samedi 29 mars, se présente sous forme d’un conte des mille et une nuits qui se passe à Bagdad. Des poèmes chantés en langues persane, arabe et française, extraits des célèbres quatrains du poète persan Omar Khayyam, des acteurs français et marocains, des chanteurs et des musiciens en font une création originale.

Anis Al-Jalis et Nour Ad-Dine sont en fuite pour cacher leur amour ; ils se réfugient dans le jardin très privé du calife Harun Ar-Rachid à Bagdad. Ils y oublient leurs malheurs grâce à la musique et à la poésie. Dans ce conte, la poésie a une grande importance mais les vers, comme toujours dans les mille et une nuits sont d’inégale valeur. Pour cette soirée, ce seront les magnifiques quatrains d’Omar Khayyam qui souligneront les temps forts du récit. Qui, mieux que ce grand savant qui a fui les honneurs pour garder son indépendance d’esprit et profiter de la vie, pourrait chanter les revers du destin et l’insouciance de ces deux amoureux… ?

Kenza Alaoui

Source : Le Matin

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