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Culture

Clôture du festival Tourtite à Ifrane

vendredi 3 août 2007

Tout est bien qui finit bien et la première édition du Festival international Tourtite organisée à Ifrane sous le thème de : "La nature au carrefour des cultures" a bel et bien pris fin en apothéose dimanche 28 juillet 2007 avec comme cerise sur le gateau, une belle soirée artistique animée par la troupe de Jil Jilala qui semble retrouver une nouvelle jeunesse et posséder l’art de rebondir et de tenir tête aux coups du sort depuis leur création en 1972 et Mohamed Rouicha qui a fait vibrer les gradins du Complexe sportif de la Paix lors de cette soirée de cloture qui a été marquée notamment par la découverte d’une nouvelle star montante du Raï à Ifrane : Chab Rharib et du groupe de la Voix des Oasis d’Errachidia.

Le 7 octobre 1972, le groupe Jil Jilala effectue son premier passage à la télévision. Les téléspectateurs sont d’abord déconcertés par le rythme inhabituel. Mais dans le rythme se nichent les mots. Ces mots dansent et il faut faire l’effort de les entendre, d’aller par-delà l’apparence. Et comme ils sont portés par des voix exceptionnelles, celles de Darham, de Moulay Tahar et de Sakina, le charme opère insidieusement. Les téléspectateurs sont conquis. La presse tressera des couronnes à ces amoureux des mots et de la rime, dont un des mérites, et il n’est pas moindre, est d’avoir revivifié une langue en voie - en voix - de nécrose : l’arabo-marocain. Les Jil Jilala en font le vecteur de leurs messages. « Ces onomatopées placées sur un rythme parfois obsessionnel, ces incantations ne me laissent pas indifférent. Le message est là. L’essentiel est qu’il doit passer. C’est ce qui me semble être le plus important, car Jil Jilala s’adresse non seulement à ceux qui ne lisent pas, mais également à ceux qui ont désappris à lire », écrivait Mustapha Dziri, un connaisseur.

Des mots simples, sur des rythmiques fluides produites par des instruments immémoriaux (tambourins, « sentir » et « bouzouk »), voilà les ingrédients dont se composent les quatre premières chansons de Jil Jilala : « Laklam Lamrassaâ », « Alâar abouya », « Jilala », « Lajouad ». Elles expriment toutes le spleen de l’homme, son incurable solitude et son insondable désespérance. Des thèmes porteurs, des paroles qui font mouche. Les Jil Jilala sont hissés au firmament, leurs disques se vendent comme des petits pains, une génération s’est découvert des idoles à sa convenance. L’année suivante, la gloire du groupe est scellée par une prestation électrisante à l’Olympia, où ils chantent, devant un public survolté, « Liyam tnadi », un téméraire plaidoyer contre l’oppression et la torture. Le groupe vole de succès en triomphe.

Né en 1950 à Khénifra, Mohamed Rouicha se lance dès l’âge de 14 ans, dans la chanson berbère et très vite produit son premier disque avec l’aide de la RTV marocaine. Chanteur à la voix chaleureuse, il est aussi un excellent spécialiste du "Loutar", un instrument berbère rarement joué et semblable à une sorte de Oud plus rustique.

Artiste ayant acquis une renommée nationale en tant qu’interprète des chants amazigh et arabe, il a réalisé plusieurs albums unanimement salués par le public marocain. Durant tout son parcours, il a participé à la formation de nombreuses figures artistiques de cette tradition comme la chanteuse Chérifa. Rouicha chante l’amour, la nature, l’aspect tragique de la vie, la mort, la justice sociale, la politique.

A signaler enfin que la soirée de clôture de la première édition du Festival international Tourtite organisé à Ifrane du 25 au 29 juilletdernier a été marquée par la cérémonie de remise des prix et de trophées de remerciement à plusieursartistes, spoortifs et sponsors du festival dont notamment :

La Coupe de l’INDH du tournoi de foot-ball de quartiers organisé dans la province avec la participation de 290 clubs de quatriers masculins et 130 clubs de quartiers feminins totalisant 6732 jeunes participants et participantes a été remportée par l’équipe B du C.S.Azrou chez les hommes et celle du Raja de Sebbab chez les dames.

Le trophée de la meilleure ancienne photo de la ville d’Ifrane a été remis à notre photographe Achour Sassa. Le trophée Hassan II de la pétanque a été remporté par la triplette du Stade marocain de Rabat composée du Vice-champion du monde Habchi Rachid et des deux champions du Maroc Mchita Said et Tamdaoui Mohamed. Quant au trophée du Festival Tourtite, il est revenu à la triplette du club de Sidi Slimane.

Un hommage a été rendu à des anciens joueurs du football national dans la région, à savoir : L’ex-joueur international et entraineur national Hamidou Hamidouch du CODEM et Moha Chik, ancienne strar de la défunte Etoile d’Ifrane du foot-ball des années 50/60.

Les sponsors présents à cette soirée qu’il faut remercier à cette occasion sont le CRI et le CRT de Meknès-Tafilalet et l’ONMT.

Hamid Agourrame

Source : Libération

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