Culture
« Boukssasse Boutfounaste », le premier film marocain en amazigh
« Boukssasse boutfounaste », c’est le titre du premier film marocain en amazigh. Une première dans l’histoire du cinéma marocain, grâce au financement de Bouchta Production. Son réalisateur, Badr Abdelilah, vit et travaille en Belgique où il anime une association du 7e art. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur lui et sur son film dont la sortie nationale est prévue le 17 mai.
Le Matin : C’est le premier film en amazigh, un grand événement cinématographique au Maroc. Est-il vraiment le premier ?
Il y en a d’autres en VCD et DVD, mais c’est le premier film fait pour le cinéma. Il se base sur un scénario, une histoire structurée qui justifie tout le film. Seconde différence, c’est qu’il s’appuie sur des comédiens marocains de renom dont certains sont connus internationalement. Ceci étant, il y a un autre film amazigh de Mzoda qui va sortir lui aussi incessamment.
Que signifie Boukssasse Boutfounaste ?
Boukssasse c’est un nom, Boutfounaste c’est le « propriétaire de la vache ». Le comédien, Mohamed Id Lkadi, a déjà incarné le rôle de Boukssasse dans d’autres films, je reprends donc le même nom comme s’il s’agissait d’une suite. Mais mon film, en plus d’être comique, est un film social où il y a de l’action.
Lequel des deux parlers est amazigh, le tachelhit, le tarifit ?
La langue du Souss est essentiellement mélangée avec de l’arabe. Mais il y a un sous-titrage en arabe et en français. Ceci étant, je considère que ce produit est d’abord un film marocain c’est-à-dire qu’il s’inspire de la culture marocaine, un patrimoine commun à toutes les composantes sociales et ethniques de ce pays..
Vous êtes un nouveau nom dans le cinéma marocain. Qui est Badr Abdelillah ?
Je suis d’abord un sportif, un champion des arts martiaux, kung fu, karaté, etc. Mon premier contact avec le cinéma a eu lieu grâce à Mohamed Ousfour qui m’a proposé un rôle dans un petit film portant son nom : « Ousfour », c’était en 1983. Malheureusement, je n’ai pas pu réaliser mon rêve ici au Maroc, étant donné toutes les difficultés que l’on sait.
C’est en Belgique que j’ai suivi des études de cinéma, après quoi j’ai été assistant de réalisateur auprès de Mickey Ruhrk et avec d’autres. J’ai travaillé également avec des Marocains tels Saïd Naciri, avec qui j’ai assuré la direction des combats, et Hassan Benjelloun ; j’ai aussi travaillé avec la télévision. C’est grâce au producteur Bouchta Ibrahimi que j’ai pu faire ce premier film.
Le tournage s’est déroulé entièrement au Maroc ?
Au Maroc essentiellement, avec une partie en Belgique.
De quoi s’agit-il dans ce film ?
C’est un film comique à connotation sociale. C’est l’histoire de Boukssasse qui avait besoin d’argent et qui va essayer de vendre la vache de son voisin qui se trouve en Belgique.
Une fois au souk, il va se trouver mêlé à une aventure inimaginable. Ceci étant, je me suis attaché à faire un film qui soit en mesure d’offrir du spectacle. J’ai également évité le piège de la folklorisation des campagnes marocaines. Le berbère n’est pas seulement un rural qui conduit un âne, il est également médecin, ministre, chercheur ou simple employé de bureau.
Comment s’est fixé votre choix sur les comédiens ?
Ce sont des comédiens de qualité, ils sont connus au Maroc, je suis particulièrement satisfait de leur travail.
C’est Najib Benkiran qui assure la distribution, il est connu pour son militantisme en faveur du cinéma marocain. On peut le dire, effectivement ; grâce à lui, le film va passer au cinéma Rif, au Lynx et à Mégarama.
Casting Mohamed Id Lkadi (Boukssasse) Zahia Zahiri (Fadma ) Beguigui Zouf (L’épicier) Fatima Talbanant (La cliente) Mohamed Smina (Le voisin ) Abdelillah Badr (Badr) Abdollah Ouzzad (Fkih) Samir Ben Hammou (L’acheteur de tapis Abdelhak Modhak) Oussama El Ayoubi ( Le bandit) Ali Soultan ( Le bandit) Azzdine Jabri ( Le bandit)
Les invités d’honneur Abdelkarim Qissi (Qissi) Miloud El Arbaoui (le boss de la bande) Mohamed El Haouat (Le Kaïd).
Propos recueillis par Abdelaziz Mouride
Source : Le matin
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