Chanteurs & Groupes
Ait Izem
Le groupe Ait Izem, le nouveau souffle de tazenzart
Le groupe Ait Izem est issu de la ville de dcheira, située à 7 Km à l’est d’Agadir. Cette ville a toujours constituée la terre de naissance d’un grand nombre impressionnant de groupes soussis qui ont séduit les jeunes d’autrefois, et dont l’impacte séducteur et magique continue encore à exercer une influence certaine sur la jeunesse de nos jours.
C’est dans cette ville, à la date très signifiante de 1967, qu’un groupe s’est spontanément formé sans être conscient qu’il fut le premier groupe dans l’histoire du Maroc : Imourigen. Cette formation n’a malheureusement pas pu attiré l’attention à cause de l’absence absolue des médias à Dcheira et à la présence étouffante des grands rwaiss au quartier d’Ait Chamkh comme Albenssir, Wahrouch, Amentag etc. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’apparaîtra Nass El Ghiwane à Casablanca, que les intellectuels et les médias ont accueillit comme une légende vivante et immortelle.
Les jeunes de la famille Ait Izem ont été très actifs artistiquement. Il faut dire qu’ils tiennent leur talent de bonnes sources. Leur oncle maternel Lehwawi, professeur des sciences naturelles, fut l’un des grands banjoïstes de la région et l’un des fondateurs de Dounya Amarg. Du côté paternel, leurs oncles à Had Belfaà, sont de célèbres pratiquants de l’ahwach et l’ajmak. C’est dans ce milieu propice que les six frères Ait Izem se sont alors nourris tout naturellement de musique comme un élément indissociable de leur quotidien.
Les fils d’Ait Izem ont ainsi hérité la faculté d’apprécier le chant et la musique la plus soutenue. Déjà très jeunes, ils aimaient écouter la musique des soudanais à la radio, et se réjouissaient beaucoup des concerts des rwayss surtout Bizmawne et Albenssir. Mais la vague des groupes n’a pas tardée à les atteindre à leur tour, surtout celle de Tazenzarte, dont les grands représentants se trouvent justement à Dcheira : Izenzaren, Iguidar, Lemjadil, Indouzal etc. Sans oublier celle des Ghiwanes à Casa : Nass Elghiwane, Lemchaheb, Jilala etc.
Si les frères Ait Izem ne peuvent préciser exactement quand ils ont commencé à manipuler les instruments de musique, ils se souviennent en revanche très bien, qu’ils étaient toujours capables d’animer des soirées musicales au profit de leur famille et proches.
Tazenzarte n’est pas un choix pour eux, mais une obligation et fidélité, dont ils ne peuvent se soustraire. D’après Hicham Izem, le président du groupe, ce champ musicale a vécu une rupture pendant les années quatre-vingt-dix, avec la décadence des groupes phares de ce style, et la rareté de leurs créations, limitées à quelques albums très irréguliers. C’est face à cette situation, et motivé par une profonde conviction que ce style ne doit pas être délaissé, qu’Ait Izem ont finalement constitué leur groupe en 2001.
En impliquant de jeunes poètes de leur ville et de même génération tels Assafou, Chafiq massinissa et El Mahjoub Akizi, ils sortent leur premier album en 2002. Avec les titres azmz, igguigue, idad, idrimn, tafoukt et aguoug le groupe ne traite pas seulement des sujets inspiré du vécu quotidien : le sociale, fraude, chômage, problèmes de l’exode rurale, ressources hydrauliques, terre etc. mais aussi des thèmes à caractère mondiale avec l’aspiration d’une humanité vers le salut dans un monde très perturbé et au lendemain incertain.
Les fans de Tazenzarte ont beaucoup félicité le groupe lors de la fête de signature de cet album, qui fut un évènement très promettant. Une cérémonie de signature, la première dans l’histoire des artistes soussis, fut organisée avec la collaboration de l’association Oussmane.
Depuis, ce jeune groupe n’a pas cessé de participer à de nombreuses festivités, telles que la rencontre musicale de Casablanca, festival Timitar d’Agadir, festival Tamazirte des MRE …ou même à la composition de musique pour des pièces théâtrales ou le cinéma amazigh.
Le 10 avril 2006 voit la sortie du 2 ème album avec les titres takat, angmar, l’mkhassat, tammant irzagn, ourti, likkamt et enfin tayri. Cet album est considéré comme un prolongement du premier, avec les mêmes genres de sujets et en collaboration avec les même poètes sauf que cette fois, le groupe a utilisé pour la première fois dans l’histoire de Tazenzarte, la guitare sèche et guitare basse.
Au niveau musical, le groupe fait souvent appel à diverses échelles, et surtout le quart de ton, mais en général le chagrin et la mélancolie dominent sur ses mélodies.
Au cours de la quatrième rencontre musicale de Casablanca du 26 au 28 octobre 2006, le concert du groupe qui a fusionné avec les français Arta’Band, a beaucoup impressionné. Le public présent a découvert chez les frères Izem une musique bien enracinée dans la culture locale, mais avec des dimensions universelles. Une musique d’une beauté indescriptible avec l’utilisation du piano, accordéon, batterie…Le groupe a reçu immédiatement des propositions de collaboration de la part de quelques troupes d’Europe, eux même invité à la rencontre.
Quand à ses projets d’avenir, le groupe est en pleine préparation en vue de la sortie d’un troisième album, qui parait-il, constituera un véritable bond vers l’avant dans leur carrière surtout au niveau des compositions et des sujets. D’un autre côté, un premier VCD verra bientôt le jour, après celui d’Iguidar qui est en cours de réalisation.
Par Said Azerwal
Source : Imurig
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