Toute l’actualité sociale, politique, culturelle et économique du Maroc et de Souss

Social

Agadir : 60 agents de sécurité sans salaire depuis trois mois

vendredi 7 décembre 2007

La société Salma Sud Multi Services pour la sécurité, le gardiennage, les travaux divers, sous contrat avec la délégation Agadir/Idaoutanan du MEN, n’a toujours pas honoré ses engagements vis-à-vis des 60 préposés. Ces derniers étaient engagés pour combler le manque d’agents d’entretien. Selon le proviseur d’un lycée, ils rendent précieux services aux établissements scolaires.

A ce jour, les salaires du mois de septembre, octobre et novembre des agents de la société précitée ne leur ont pas été versés à l’instar des autres sociétés en charge du marché dans les délégations d’Inzegane, Chtouka-Ait Baha. On versait des salaires de 1500 dh pour les agents de sécurité et 700 dh pour les agents d’entretien. Contactés à ce sujet, les autorités pédagogiques compétentes affirment avoir honoré les clauses du contrat en effectuant les versements à temps. Les tentatives de contacter M. Chadli responsable des recrutements, Imad Houjaybe, contrôleur et le patron de la société ont été connectées à un répondeur automatique. Selon des rumeurs, le responsable se serait évanoui avec plus de 300.000 dh, l’équivalent de trois mois de salaire de 60 agents. Tout porte à croire que la société Salma Sud Multi Services est une entreprise fantôme et que les coordonnées (téléphones, GSM, fax, adresse…) sur ses documents ne sont qu’un leurre tout autant que le site Web et l’e-mail non exploitable. Rappelons que suite au marché N° 27/EXP/2007 contracté entre la délégation du MEN Agadir/Idao-utanane et la société Salma Sud Multi Services, cette dernière se charge d’assurer, via ses agents, la sécurité, le nettoyage et le gardiennage…dans les 15 lycées collégiaux et qualifiants de la délégation.

Une série de questions tourmente les administrations des établissements scolaires bénéficiaires de cet apport en ressources humaines longtemps réclamé, et davantage les employés de la société fantôme. Quand la société compte-t-elle payer ses employés ? Pourquoi ce « retard » ou « refus » de régler les salaires des agents de soutien, sachant que l’employeur a reçu son gros chèque ? Pourquoi n’est-il plus possible de joindre le personnel de la société ?

Les prestations de l’actuelle société n’étant pas conformes aux CPS, reconduira-t-on celle-ci le mois d’avril prochain ?

Ces questions et bien d’autres taraudent les esprits meurtris par l’attente d’un salaire mérité par les uns et convoité des gens peu scrupuleux qui n’ont aucune considération pour les conditions sociales de leurs employés profitant de leur misère et de leur courage à gagner leur vie. Mohammed, 35 ans, agent de sécurité témoigne : « Je sors très tôt le matin, et ne reviens que très tard à la maison pour ne pas croiser mon locataire qui réclame son dû. » Jamal, 24 ans, gardien reconnaît : « C’est ça ou rien » et d’ajouter en parlant de son patron : « Sidi Mohamed est un type gentil, son seul défaut, c’est qu’il règle ses employés très en retard. »

Il faut noter que la direction de cette société couvre plusieurs secteurs à Agadir, et d’après des employés, le retard dans le règlement des salaires est monnaie courante. L’article 25 du contrat, sous le libellé « Différends, litiges et résiliation du CPS », il est dit que « tout litige entre le maître d’ouvrage et le titulaire est soumis au tribunal d’Agadir statuant en matière administrative conformément à l’article 73 du C.C.A.G-T ».

Nour-Eddine SALLOUK

Source : Libération

En liaison avec cette article

1 Message

  • 1er septembre 2008 17:45

    Agadir : 60 agents de sécurité sans salaire depuis trois mois

    Chef d’entreprise et Investisseur mécontent

    Ce message, je le destine aux Donneurs d’ordres et aux Maîtres d’ouvrage, à celles et à ceux qui ont en charge le contrôle des dépenses de l’entreprise, qu’elle soit privée ou publique, dont le let motif est à tout prix de minimiser les coûts liés à l’externalisation de certains de leurs services, s’agissant en l’occurrence de la sécurité interne de leur patrimoine, des biens qui y sont liés, qu’ils soient humains ou matériels, m’adressant également à ceux-là mêmes qui font appel sans la moindre hésitation, au prestataire et/ou au soumissionnaire le moins-disant, pour des raisons budgétaire il paraîtrait, contribuant ainsi à la marginalisation et à l’appauvrissement de celles et de ceux que par entreprises interposées ils exploitent, ce qui à pour conséquence de ternir encore un peu plus l’image désastreuse qu’ont les médias de la sécurité privée et que le peu de professionnels que nous sommes essayons néanmoins de raviver.

    Croyez bien, Madame, Mademoiselle, Monsieur, que mon souhait le plus cher serait de répondre d’une manière favorable à tout appel d’offre, si toutefois mon esprit n’était pas guidé avant tout par le respect de mon métier.

    Tout ce que je peux affirmer, après que ma société ait été évincée de la plupart des marchés, qu’ils soient ou non publics, hôteliers, scolaires ou universitaires bancaires, portuaires, aéroportuaires et hospitaliers compris, c’est qu’elle reste « le plus-disant », alors que le coût de ses prestations ne dépasse que très rarement les 3200 dirhams/ht par mois, que trop souvent, la commission d’appel d’offres ou le représentant de l’entreprise, tous deux chargés d’apprécier l’ensemble des capacités des concurrents, y compris certaines règles établies, oublient de respecter, pour faire appel à la sécurité privée, à la condition qu’elle ne grève surtout par leur budget, feignant d’ignorer le Code du Travail, pour en sous évaluer les coûts et du même coup notre savoir faire, pour en dévaloriser le métier ainsi que le professionnalisme de nos agents, au grand bonheur du soumissionnaire ou prestataire retenu pour être « le moins-disant », qu’il sait pertinemment qu’il ne pourra respecter les clauses du cahier des charges et les exigences du Maître d’ouvrage, n’hésitant pas à utiliser pour cela quelques moyens illégaux afin de passer aux travers les mailles du filet que certains organismes en charge de la bonne application des conditions de travail ou de la constitution de ressources dédiées au solidarisme dans la lutte contre les inégalités sociales, distendent, selon que vous soyez puissant ou misérable

    Quand au petit personnel, qui reste taillable et corvéable à merci, on peut très facilement lui imposer toute sorte de corvées, toutes bassement rémunérées. Recruter sur place un agent de sécurité ou un gardien, qu’il soit ou non professionnel, est d’ailleurs d’une facilité déconcertante pour ces prestataires sans scrupule. Pourquoi en effet s’obliger à donner un Smic alors que la plupart sont prêt à travailler pour 900 dirhams/mois, tout cela pour ne pas crever de faim ?

    Jusqu’ou ces affairistes avides de profits vont-t-ils oser aller dans cette démarche de baisse chronique des salaires et de dérèglementation du travail qui n’accorde plus aucune protection à ces travailleurs ?

    Le rôle de l’Etat ne serait-il pas d’intervenir une bonne foi pour toute et de faire respecter la loi 27-06 mais également celle sur le salaire minimum et le respect du code du travail ?

    Une telle montée en puissance de ces nouveaux esclavagistes, dont certains n’hésitent pas à se vanter de posséder l’ISO 9000 tout en bradant les prix, pour décrocher coûte que coûte les marchés qu’ils savent qu’ils ne pourront honorer qu’au travers de l’exploitation d’un personnel qu’ils ne possèdent qu’en apparence, qu’ils n’hésitent pas à faire venir du bled pour certains, pour la plupart dépourvus de formation et dont on ne connaît pas toujours les antécédents judiciaires, dont la rémunération est trop souvent très en deçà du Smic, est avilissant et scandaleux pour le professionnel que je suis, ce qui ne les empêche pas au passage de faire néanmoins quelques substantielles économies, aux dépens d’une qualité de prestation inexistante et de la réalisation de missions qui restent partielles et dont ils n’ont que faire puisque venus là juste pour se remplir les poches, alors que leur siège se situe parfois à des centaines de km du lieu de leur intervention, oubliant du même coût de payer leurs cotisations sociales, leur police d’assurance des risques découlant de leur activité professionnelle et j’en passe…

    Que penser de ces nouveaux prestataires du monde de la sécurité privée, qui se targuent de posséder un état d’esprit et un savoir-faire venus d’Europe, alors qu’ils n’hésitent pas à décrocher quantité de contrats sur Agadir et sa région, dont le coût est le plus souvent inférieur à 2400 dirhams/mois HT ? Comment un agent de sécurité œuvrant pour le compte de ces affairistes, aux prix de gros efforts et de sacrifices, peut-il à la fois assurer efficacement sa mission et vivre décemment, et de ce fait participer à la vie économique de son pays qui s’en trouve ralentie du fait de sa très faible contribution, dès lors qu’il perçoit un revenu mensuel de 1200 dirhams et parfois moins, pour 12 heures de travail de jour comme de nuit, parfois sans aucun repos compensateur hebdomadaire et trop souvent sans aucune couverture sociale ?

    Comment ces prestataires dépourvus de toute éthique arrivent-ils à s’en sortir après paiement des salaires et des charges ? Qu’en est-il de leur marge bénéficiaire ?

    Madame, Mademoiselle, Monsieur, vous qui peut-être doutez encore de la véracité de mes propos, je vous invite à faire le tour des entreprises qui utilisent malgré tout les services de ces affairistes, qu’elles soient privées ou publiques, sans oublier pour autant les complexes hôteliers qui bordent notre littoral, les banques, les usines, les évènements et autres lieux ou la sécurité devrait être omniprésente, pour vous apercevoir qu’il y a de quoi s’interroger sur l’existence même et la réalité de cette autre forme de servage qui reste le plus souvent contestable, la performance et le professionnalisme de ces gardiens et/ou de ces agents de sécurité, hypothétique et trop souvent inopérant, la présence sur le terrain de ces arrivistes, exclusivement préoccupés de réaliser des profits sur le dos de cette masse que l’on pourrait dire qu’elle est laborieuse, qu’ils n’hésitent cependant pas à exploiter dans la plus grande illégalité, avec la bénédiction de quelques personnages à la fois influents et obscurs, portant œillères, dont l’intention est avant tout d’éviter de considérer les choses avec objectivité.

    Je vous invite à vous rendre au siège social de certains de ces prestataires et/ou de leurs "antennes", si toutefois elles existent. Ce pourrait-être une démarche, pour vous très motivante, mais peu de responsables la font. Ils seraient à mon avis quelques peu surpris. Cela vous permettrait entre autre de vous faire une idée générale (accueil, poste de commandement, personnels, matériels pédagogiques et techniques, ambiance, etc.), vous assurant, que le prestataire est bien détenteur de la logistique du service qu’il prétend vous vendre.

    La sécurité n’a pas de prix mais elle aura forcément un coût

    En effet, bien que la sécurité pour certains n’ait pas de prix, le coût engendré par un prestataire défaillant et/ou dénoué de tout professionnalisme, risque tout simplement d’être douloureux pour le Client, qui devra tôt ou tard en payer le prix fort avant de le rendre à nouveau acceptable.

    Bernard DESCHAMPS – DPS Agadir www.dps-ma.com

    Voir en ligne : La sécurité privée en péril

 

Souss.com | Archive du forum | Tags forum | Plan du site | Archives articles | Tags